18 juin 2007

Boulevard de la Mort - Un film GRINDHOUSE

De Quentin Tarantino

 

Avec Kurt Russel, Rose McGowan, Zoë Bell

Affiche_fran_aise

Alors, qu’on se le dise immédiatement, le nouveau Tarantino vaut-il le coup ? Assurément oui. Oui, oui, et encore oui. Je dirai même qu’il n’est à louper sous aucun prétexte. Et pourquoi ? Non pas parce qu’il n’est pas le meilleur de Tarantino, non, mais tout simplement car il est son plus jouissif. Je m’explique.

Oui, il est le plus jouissif car le plus « décomplexé » peut être de ses films – pitié, terme à ne pas rapprocher de la « nouvelle » droite que l’on qualifie aujourd’hui de « décompléxée », terme qui, à mon avis, sera bel et bien justifié dans le futur, ce qui seront encore vivants pourront en attester – bien que tous ses précédents métrages étaient déjà, bien entendu, décomplexés. Il apparaît en fait bien plus « con » que tous ses autres métrages. En effet, on est loin de retrouver ce questionnement qu’il pouvait porter sur le montage comme c’est le cas dans « Reservoir Dogs », « Pulp Fiction » et « Jackie Brown ». « Kill Bill » augurait déjà cet aspect en abandonnant tous ces passages enchâssés. Ici, il n’y à ici finalement que deux parties symétriques dans lesquelles Stuntman Mike – Kurt Russel, impressionnant, et qui retrouve ses lettres de noblesse après une décennie un peu vide - fait ses preuves de citoyen modèle puisqu’il ne boit pas, ne se drogue pas, se propose de ramener des jeunes filles désespérées, et respecte scrupuleusement le code de la route.

Stuntman_Mike

Mais bien que « QT » n’établisse pas un montage retors, il prouve une fois de plus son grand talent de la mise en scène à travers tous ses mouvements aériens en steadycam et en grue, en travellings, en gros plans plus ou moins recherchés – on se souviendra tous des jolis plans de ces postérieurs tout à fait désirables - ,et en zooms pourris, pour justement retrouver l’ambiance des ses films préférés des années 70 que l’on projetait dans les « Grindhouses ». De la même manière, les divers sauts d’images, les erreurs (volontaires) de montages, l’aspect vieilli de la bande, tout cela est fait pour nous plonger dans ces films qui ont bercé son enfance de cinéphage, mais peut surprendre et choquer si l’on est pas averti.

Tarantino le dit lui-même « Je vous branle ». Mieux vaut le savoir après avoir vu le film, en effet certains spectateurs seraient peu enclins à se faire masturber. Mais il s’agit ici d’une masturbation de la part de la mise en scène. Et oui, il nous prépare délicatement, en dialogues toujours aussi savoureux, en sous entendus délicieux, à un final bel et bien jouissif auquel nous avons d’ailleurs droit. Et la course poursuite, qui est dors et déjà d’anthologie, une véritable leçon, et l’aboutissement de quasiment 1 heure 40 de préliminaire. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on assiste à cette fin réellement jubilatoire et hilarante à la fois.

Ainsi, « Boulevard de la Mort » - je ne me lasse plus de dire ce titre que « QT » affectionne d’ailleurs particulièrement, bien plus que la version américaine de celui-ci – est un petit bijou, un excellent film mais pas son meilleur. Une ode aux vieux films de série B et Z, souvent subversifs et à la violence gratuite. Clairement un des meilleurs films de l’année à ne pas rater.

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Posté par Monsieur 7 à 15:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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