Force Du Lapsus

18 juin 2007

Boulevard de la Mort - Un film GRINDHOUSE

De Quentin Tarantino

 

Avec Kurt Russel, Rose McGowan, Zoë Bell

Affiche_fran_aise

Alors, qu’on se le dise immédiatement, le nouveau Tarantino vaut-il le coup ? Assurément oui. Oui, oui, et encore oui. Je dirai même qu’il n’est à louper sous aucun prétexte. Et pourquoi ? Non pas parce qu’il n’est pas le meilleur de Tarantino, non, mais tout simplement car il est son plus jouissif. Je m’explique.

Oui, il est le plus jouissif car le plus « décomplexé » peut être de ses films – pitié, terme à ne pas rapprocher de la « nouvelle » droite que l’on qualifie aujourd’hui de « décompléxée », terme qui, à mon avis, sera bel et bien justifié dans le futur, ce qui seront encore vivants pourront en attester – bien que tous ses précédents métrages étaient déjà, bien entendu, décomplexés. Il apparaît en fait bien plus « con » que tous ses autres métrages. En effet, on est loin de retrouver ce questionnement qu’il pouvait porter sur le montage comme c’est le cas dans « Reservoir Dogs », « Pulp Fiction » et « Jackie Brown ». « Kill Bill » augurait déjà cet aspect en abandonnant tous ces passages enchâssés. Ici, il n’y à ici finalement que deux parties symétriques dans lesquelles Stuntman Mike – Kurt Russel, impressionnant, et qui retrouve ses lettres de noblesse après une décennie un peu vide - fait ses preuves de citoyen modèle puisqu’il ne boit pas, ne se drogue pas, se propose de ramener des jeunes filles désespérées, et respecte scrupuleusement le code de la route.

Stuntman_Mike

Mais bien que « QT » n’établisse pas un montage retors, il prouve une fois de plus son grand talent de la mise en scène à travers tous ses mouvements aériens en steadycam et en grue, en travellings, en gros plans plus ou moins recherchés – on se souviendra tous des jolis plans de ces postérieurs tout à fait désirables - ,et en zooms pourris, pour justement retrouver l’ambiance des ses films préférés des années 70 que l’on projetait dans les « Grindhouses ». De la même manière, les divers sauts d’images, les erreurs (volontaires) de montages, l’aspect vieilli de la bande, tout cela est fait pour nous plonger dans ces films qui ont bercé son enfance de cinéphage, mais peut surprendre et choquer si l’on est pas averti.

Tarantino le dit lui-même « Je vous branle ». Mieux vaut le savoir après avoir vu le film, en effet certains spectateurs seraient peu enclins à se faire masturber. Mais il s’agit ici d’une masturbation de la part de la mise en scène. Et oui, il nous prépare délicatement, en dialogues toujours aussi savoureux, en sous entendus délicieux, à un final bel et bien jouissif auquel nous avons d’ailleurs droit. Et la course poursuite, qui est dors et déjà d’anthologie, une véritable leçon, et l’aboutissement de quasiment 1 heure 40 de préliminaire. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on assiste à cette fin réellement jubilatoire et hilarante à la fois.

Ainsi, « Boulevard de la Mort » - je ne me lasse plus de dire ce titre que « QT » affectionne d’ailleurs particulièrement, bien plus que la version américaine de celui-ci – est un petit bijou, un excellent film mais pas son meilleur. Une ode aux vieux films de série B et Z, souvent subversifs et à la violence gratuite. Clairement un des meilleurs films de l’année à ne pas rater.

Startkilouche

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01 juin 2007

Swallow

Les hirondelles du lycée

Qui se permet de déranger le cours de latin du vendredi? Ce ne sont pas des fous hurlants, mais trois élèves de seconde - Swallow - qui font trembler les murs du bâtiment B à grands coups de morceaux de Muse et des Red Hot. Le journal est parti à la rencontre de ces jeunes artistes: Léo à la batterie, Franck à la basse et Jessy à la guitare, au piano et au chant on fait connaissance au lycée et ont commencé à jouer ensemble il y a tout juste huit mois.

Pourquoi avoir choisi Swallow comme nom de groupe?
J:
Au début c'était Overdue, mais ça faisait trop rock des 80s. Après on a choisi Swallow, c'est plus bizarre, ça passait mieux, on l'a donné pour les inscriptions à l'Usine (salle de concert à Istres).
L: C'est pas le nom définitf, on le garde en attendant d'en trouver un mieux.
F: C'est un nom de transition en attendant de trouver THE nom de groupe.

Qu'est-ce que vous jouez?
F: Des morceaux de Muse ("Time Is Running Out", "Hysteria", "New Born"... entre autres), des Red Hot Chili Peppers ("Dani California", "Snow Hey Oh"), des Arctic Monkeys, de Kill The Young et nos compos "Connection Brain", "FuseBoX", "Insane Sleep" (à l'écoute sur leur myspace, voir adresse en fin d'article).

C'est Jessy qui compose et écrit les textes, puis Léo et Franck apportent leurs modifications et améliorations.
Ils sont influencés par Muse, les Red Hot, Nirvana et Green Day pour Franck, Led Zeppelin, Jamiroquaï, Jimmy Hendrix, Lenny Kravitz, Slash, Dire Straits, The Police, les films de Tim Burton et beaucoup de classique comme Mozart, Rachmaninov ou Chopin pour Jessy.

J: Mes chansons parlent de tout, du bonheur et de l'apocalypse, mais mes textes sont sibyllins, il n'y a que moi qui les comprends. Avant les compos étaient très rock, j'ai écouté "Hullabaloo" de Muse et maintenant c'est plus alternatif, avec plus de piano.

Le foyer était plein pour la fête du lycée. C'était votre premier concert, vous aviez le trac?
Impossible de pas avoir le trac avant un concert, mais Jessy a eu plus de stress parce qu'il chante.

Finalement, comment ça s'est passé?
Ca s'est super bien passé, c'était énorme, on trouve pas les mots pour le dire.

Vos projets?
L'année prochaine on voudrait faire des tremplins rock et jouer au Cargo. On voudrait aussi enregistrer nos compos.

Vous pensez à quoi quand vous jouez?
L: A tout et à rien.
F: A ma basse.
J: A ce que je joue. Vaut mieux avoir la têt vide sinon on se plante.

Vous aimez les tropéziennes?
L:
Oui.
F: Oui.
J: A l'occasion sinon c'est écoeurant.

Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV?
L: Blanc.
F: Vert, parce que je crois que c'est la couleur préférée de Jessy.
J: J'avais quatre ans la dernière fois qu'on m'a posé cette question.

Eprouvez-vous de la culpabilité à déranger le cours de latin à l'étage au dessus?
L:
Non ça occupe les élèves.
F: On est désolé mais faut bien qu'on joue.
J: On est désolé, mais ça lui met un peu d'ambiance, ça égaye ses cours...qui ont pas l'air d'être très joyeux d'après les rumeurs.

Selon vous, comment expliquer l'augmentation du taux de natalités au Bangladesh entre 1985 et 1987 suite au conflit Iran/Irak?
L: ...
F: C'est bidon l'Histoire.
J: C'est quoi ces questions?! J'sais pas moi, demande à mon agent!

Vous aimez les sardines en boîtes?
L:
Nan je préfère cuisiner.
F: J'aime tous les poissons sauf la sardine.
J: Je déteste le poisson.

Que pensez-vous du journal?
L: C'est très bien car il diffuse mon talent!
F: C'est une bonne initiative.
J: C'est bien, je le lis quand j'ai rien à faire.

Aucun tri n'a été fait quant au choix du groupe interviwé, cet article ayant été réalisé il a près de quatre mois et modifié à l'occasion de la fête du lycée masis le journal s'intéresse aussi aux autres groupes et clubs. Il n'y aura pas de n°4 mais si vous souhaitez être mentionné dans les colonnes de votre journal, contactez-nous dés maintenant pour un article en septembre.
Nous félicitons aussi chaleureusement tous les autres groupes ayant participé à la fête du lycée!

http://www.myspace.com/swallowband

Swallow_NB

Hysteria

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31 mai 2007

2001 l'Odyssée de l'Espace

de Stanley Kubrick

Aujourd’hui, j’ai la difficile et lourde tâche d’écrire un article sur ce monument de l’histoire du Cinéma, de tenter de vous faire part de sa richesse qui dépasse l’entendement, autant du point de vue cinématographique que philosophique.

L’ampleur du film, sa complexité et sa liberté d’interprétation permise au spectateur sont autant d’éléments difficiles à mettre en texte et qui me disent de vous prévenir que cet article ne sera qu’une interprétation parmi tant d’autres. Je ne voudrais pas que lorsque vous le visionnerez – ce que vous ferez après avoir lu cet article – vous ayez cette interprétation précise en tête.

Le film se déroule donc en 4 actes, distincts, et a priori indépendants. Chacun va mettre en scène une étape précise de ce qui va être une évolution de l’Homme.

En premier lieu « L’aube de l’Humanité » va mettre en scène des singes après la naissance de la planète même signifiée par quelques plans magnifiques du paysage africain. Ceux ci (les singes) errent donc sans vraiment de but, si ce n’est celui de survivre. Après avoir trouvé un point d’eau, ils s’en font chasser par un groupe de singes ennemi. Ils s’endorment alors dans des sortes de cavités dans lesquelles ils sont protégés de l’environnement extérieur agressif. Pendant la nuit plusieurs planètes, dont la Terre, s’alignent avec le soleil : quelque chose d’important de prépare. A leur réveil, ils se trouvent face à avec un monolithe, un bloc rectangulaire d’une matière inconnue. Les singes autant que les spectateurs sont perdus. Ils ne comprennent pas ce qu’il est, tournent autour, tentent de jauger son danger potentiel. C’est alors que l’un d’entre eux (le moonwatcher : celui qui regarde la lune, c’est ce qui fait qu’il se distingue de la masse), s’approche du monolithe avec un grand respect (c’est important), et le touche, le caresse, ce qui encourage son groupe à faire de même. C’est après avoir été en contact avec cet objet inconnu qu’il découvre l’outil (l’os). Outil qui va permettre à lui et à son groupe de (re)prendre possession du point d’eau après avoir tué l’un des singes du groupe ennemi.

Beaucoup considèrent le monolithe comme étant l’image de Dieu, qui dans sa grande mansuétude, daigne nous aider dans notre évolution en nous attribuant la technologie. D’autres y voient encore l’intelligence extra-terrestre incarnée. C’est d’ailleurs l’opinion de l’auteur du livre 2001 Arthur C. Clarck. Je considère plutôt, sans attache avec la relgion, que c’est tout simplement la transcendance même qui permet justement à l’homme de se transcender et d’accéder à un nouveau stade d’évolution.

2001_a_space_odyssey_02

Le « moonwatcher » fait alors valser, avec l’aide de son nouvel outil-arme, des ossements d’animaux morts, il jouit de son nouveau pouvoir sur le monde. C’est donc la naissance de l’homme moderne.

S’ensuit une transition d’une incroyable simplicité mais extrêmement efficace: l’os-arme vole dans l’air, l’image qui suit est un vaisseau spatial, en 1999, de la forme d’un os. L’homme depuis de milliers d’années n’a pas évolué, il en est encore au stade de l’outil-arme. C’est le second acte.

A cette époque qui est la notre, la guerre froide est toujours d’actualité. Elle est d’ailleurs esquissée d’une manière très subtile, à travers un petit accrochage entre scientifiques ; l’homme défie les lois de la gravité et mange des plats préparés dans des sachets sous vides. Notre monde est aseptisé et les échanges entre les hommes ne sont plus que des banalités. Nous suivons alors un scientifique américain qui se rend sur la lune pour une mission secrète : un monolithe vient d’être découvert à sa surface. Une équipe (américaine) est donc dépêchée sur place. L’objet à été déterré et ses ondes magnétiques intriguent. Il est « protégé » par des parois de fer et illuminé par des projecteurs. L’équipe de scientifiques, après avoir été en contact avec lui et avec une vanité bien humaine due justement à cette supériorité que lui procure l’outil-arme, tente de se prendre en photo devant lui, de reproduire le monolithe, représentation physique de la transcendance, sur un support autre que celui qu’offre la réalité même. Kubrick interroge d’ailleurs ici le matériau même qu’est le cinéma. En effet, le 7ème art étant une reproduction de la réalité sur pellicule. Nous pouvons alors, je dirai même nous devons, questionner ce traitement de la réalité qui n’est qu’en fait qu’un mensonge. Mais je m’égare. Donc en réaction et en punition à cet excès d’orgueil, le monolithe produit un son strident qui déroute et effraie tout le monde, y compris encore une fois les spectateurs.

hal_9000

On les abandonne soudainement, sans savoir ce qu’il leur arrive, pour se retrouver au troisième acte : « La Mission Jupiter ». Un vaisseau spatial apparaît : le Discovery (« Découverte »). A l’intérieur, 5 astronautes, dont 3 dorment artificiellement dans ce qui semble être un cercueil, et un ordinateur omnipotent et omniscient à voix humaine pourvu d’un œil unique: HAL 9000 (dans la version originale). L’ordinateur, évidemment crée par l’homme, se dit et est dit (être) parfait. Il ne peut commettre d’erreur. Il est d’ailleurs le seul à connaître vraiment la nature de leur mission : un monolithe (encore) à été découvert dans l’orbite de Jupiter. Mais alors que les 2 astronautes réveillés, Dave Bowman et Frank Poole, flânent dans leur vaisseau, HAL les avertit d’une avarie technique. Une fois sortis, ils se rendent compte qu’il n’y a rien, que HAL, l’être technologique le plus évolué créé par l’homme, cet outil infaillible, venait de faire une erreur. Les deux astronautes commencent alors, discrètement, à douter de HAL et de l’aboutissement de leur mission (dont ils ne connaissent toujours pas la nature). Mais l’ordinateur cyclope le découvre et rentre progressivement dans une paranoïa qui aboutira, pour assurer sa survie, à la destruction des êtres qui l’ont crée : un parricide en bonne et due forme. HAL tuera en effet les 3 astronautes toujours endormis et Frank Poole qui effectuait une sortie dans l’espace. Bowman tente alors avec un astronef de récupérer le cadavre errant dans l’espace. Mais HAL l’empêchant de pénétrer à nouveau dans le Discovery, il y entre par effraction, à travers un hublot, pour affronter sa destinée. Bowman se dirige alors vers le centre névralgique de HAL pour le déconnecter, le tuer en lui ôtant ses circuits pensants. Ce passage peut apparaître comme un périple à l’intérieur de sa propre conscience, labyrinthique, d’où le nom du vaisseau, qui le conduit à la révélation de son destin. Cette scène est d’ailleurs l’une des plus poignantes de l’œuvre de Kubrick, ou du moins dérangeantes, car en effet HAL y apparaît comme l’être le plus humain du film. Ses paroles suppliantes : « J’ai peur, Dave. Mon cerveau se vide. Je le sens se vider. Ma mémoire s’en va, j’en suis certain » puis la chanson mélancolique : « Daisy, donne-moi la main, je suis fou de toi » nous laissent à penser qu’il n’est finalement pas une machine, seulement un être humain créé à partir de la technologie qui nous avait été confiée quelques milliers d’années plus tôt. Se manifeste ici toute l’ambiguïté si appréciée par Kubrick. Cet être qui semble doué de conscience, et qui vient de tuer, qui plus est ses créateurs, et qui agonise, attire inéluctablement notre sympathie, puisqu’il est humain, bien qu’également outil. Et c’est bien en tuant cet être de technologie que l’homme va atteindre le dernier stade de son évolution après un passage mouvementé par cette « porte des étoiles », passage psychédélique absolument démentiel, par lequel Bowman va atteindre la 4ème dimension pour en fait assister tel un spectateur dans une chambre baroque, à toutes les phases de sa vie, jusqu'à sa mort, avant laquelle il pointera du doigt une dernière fois le monolithe mystérieux. Après cela il renaîtra sous une forme fœtale, fruit d’une auto reproduction, dernier symbole d’un cycle d’évolution achevé.

C’est en cela que pour moi 2001, l’Odyssée de l’Espace est de loin le seul film qui porte un certain optimisme sur le futur de notre espèce dans toute la filmographie de Kubrick emprunte d’un grand pessimisme. Il y a bien sur encore plus à dire sur ce chef d’œuvre absolu, on pourrait ne jamais s’arrêter, 2001 étant un monstre d’ambiguïté. C’est d’ailleurs ce qui fait son génie. Je vous en prie, non je vous intime l’ordre, ne vous arrêtez pas à son rythme lent, ce serait un crime (contre l’humanité et contre vous même) de le rater pour un prétexte aussi trivial. 

2001_space_odyssey_Monolithe

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Shining

Shining

Un des films les plus connus de Kubrick avec 2001. En sortant de la pièce, on entend encore résonner dans nos oreilles le terrible "Daaaaanny ! " de Jack Nicholson.

Ce film est resté dans les mémoires et dans les annales du film d'épouvante comme un des meilleurs du genre. Son histoire, basée sur un roman de Stephen King, l'interprétation brillante que Jack Nicholson fait du rôle principal, la manière de filmer, les musiques angoissantes et quelques passages particuliers confèrent à ce film une place d’honneur au premier rang des "grands de la peur". Shining raconte la longue descente vers la folie d'un ancien alcoolique. Jack Torrance se rend dans un hôtel pendant l'hiver avec sa femme et son fils afin d'y occuper son poste de gardien. Malheureusement, d'étranges événements ont eu lieu et l'hôtel recelle une présence maléfique. Petit à petit, Jack va voir des fantômes et devenir fou jusqu'à tenter de tuer sa famille à coups de hache.

Ce film est vraiment très bien monté. On assiste petit à petit à la dégénérescence mentale de Jack. Au départ, Jack est relativement équilibré. Relativement certes, mais qui aujourd'hui peut se targuer d'être en pleine santé mentale ? Les chercheurs de pacotille qui spéculent sur la nécessité du port d'un préservatif lors de la reproduction asexuée des cochons d'Inde androgynes en jungle de Guinée Equatoriale d'Afrique du Sud pendant la mousson ? Les généraux qui ressentent encore le besoin de déplacer des petits jouets en fer sur un planisphère délavé par les outrages du temps ? Le membre fou de l'équipe du Lapsus qui passe son temps à écrire des articles primaires qui n'intéresseront jamais personne ? Non, personne n'a toute sa santé mentale. A la limite, ma serviette de table me paraît équilibrée mentalement mais comme le disait justement Musset "Il ne faut jurer de rien".

J'en reviens au film en question avant de devenir complètement gâteux. Jack va donc se renfermer sur lui-même. Il reste enfermé devant sa machine à écrire. Lui qui n'avait pas d'idée commence à avancer rapidement selon ses dires. Il tape toute la journée et se montre de moins en moins aimable. Il crie notamment sur Wendy dans le célèbre passage que j'ai rejoué suffisamment souvent à Julien pour que ses coups finissent par altérer définitivement ma santé mentale, déjà vacillante. Plongé dans l'ambiance de l'hôtel, Jack va pactiser avec les forces maléfiques du lieu. Des fantômes vont lui apparaître. Lloyd, barman laconique et impeccable à la voix posée et au visage sans expression. Grady, le précédent gardien, alcoolique bien éduqué qui sous des dehors bonhommes a tué sa femme et ses filles avant de mourir. Une magnifique jeune femme qui se transforme soudain en cadavre putréfié. Jack va finalement perdre confiance en lui et en sa famille. Et l'hôtel va le convaincre que le mieux pour tous est que cette dernière périsse. Désormais trop affaibli mentalement pour se rendre compte de sa folie, Jack va voir en sa femme et son fils les causes de son échec. Il s'empare d'une hache et va tenter de les tuer. Nicholson interprète vraiment brillamment ce rôle d'écrivain fou. Notamment dans le moment marquant où il marche dans un couloir de l'hôtel, tout seul, donnant de grands coups de poings dans le vide. A l'intérieur la pièce dans laquelle il rentre, il va faire la connaissance de Loyd, qui apparaît comme par magie. Jack se met à boire et à accuser sa femme. Nicholson est réellement effrayant avec son sourire carnassier et ses petits yeux. Il suinte le mal par tous les pores de sa peau.

Tout ce long article pour vous dire qu'on ne rajeunit pas, que vous allez peut être mourir demain et qu'il y a des choses à accomplir dans la vie. Outre embrasser son amour sans lâcher son fusil et monter dans un biplan jaune, on se doit, avant sa mort, d'avoir vu Shining. D'avoir tremblé devant les corridors pourpres, d'avoir retenu sa respiration pendant la course folle et effrénée de Danny pour survivre, d'avoir eu un mouvement de recul lors de la crise de colère de Jack... Alors, toujours sans lâcher votre fusil, allez le voir !

Valentin

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Sauvegardons les mots

Sauvegardons les mots

    Attention : les jeunes ont pris l’habitude de tronquer le langage au profit d’expression orale réductrice. Le langage publicitaire restreint le vocabulaire et martyrise le sens réel des mots. Les mots se perdent et il est venu le temps de s’en rendre compte. Certains mots très spécifiques exprimant un concept singulier et obsolète disparaissent. Avec les mots c’est la précision de la pensée qui partent (ndlr : -ent en accord avec une nouvelle grammaire renouvelant le français). Le langage est la particularité de l’homme, le seul animal à sublimer la nature par une mise a distance qui passe par des mots. Lorsque l’on oublie des mots nous faisons volte-face vers notre bestialité. La tache la plus excitante que l’homme doit accomplir tout au long de sa vie n’est-il pas de trouver les mots pour extérioriser au mieux sa pensée. La richesse de vocabulaire révèle une pensée fine et bien construite.

    Evidemment la communication entre les personnes ne s’arrêtent pas aux mots. Les mots ne peuvent remplacer le langage du corps, les intonations, les expressions du visage. D’ailleurs des expressions, parfois même des mots seuls suffisent à communiquer bien plus qu’une phrase avec des longues inutilités syntaxiques. C'est ce goût du verbe, ce fourmillement gustatif qui vient titiller nos oreilles comme les oeufs en neige, c'est cette diversité qu'il faut sauver. Au lieu de regarder voler les coquecigrues ou de s'ébaudir devant des futilités, abandonnons notre molesse et battons nous pour une juste cause. Il est des héros connus, encensés, mais il est aussi des personnes qui oeuvrent telles des éminences grises afin de sauver malgré elle la langue française. Mr Caucal est de ceux là. Allez le voir, il vous expliquera que l'on dit "pallier à", il vous mettra en garde contre les paltoquets qui hantent ce lycée, contre les pimbêches, il vous dira que le ciel sera découvert dans l'aprés midi avec une teinte zinzolin en fin de journée. Et il vous donnera un mot à sauver. C'est ce sauvetage providentiel que vous devez chercher. Malgré sa volubilité, Monsieur Caucal fait une chose essentielle : Il sauve la langue française.

Valentin

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La Journée de la femme, par Valentin

La journée de la femme : héritage tantôt contesté tantôt accepté

La journée de la femme a été créée par des femmes socialistes en 1910 dans un rassemblement pour réclamer le droit de vote dans tous les pays. Finalement, à force de lutte acharnée et de combat d’une fureur égalée uniquement par l’hypocrisie d’un candidat à la présidentielle, elles l’ont obtenu. Mais on peut s’interroger sur le sens de cette journée. Ne serais-ce pas un peu machiste d’accorder, par pitié, une journée à la femme ? Ce serait laisser entendre que tous les autres jours de l’année sont dédiés aux hommes. La femme se tait et peut parler un jour dans l’année, jour qui lui a été donné en pâture afin de calmer les féministes comme des lions dans leur cage. L’équipe du Lapsus, afin de démentir des préjugés, a effectué un sondage. Prenant leur courage deux mains, et armés d’équipement technologique de pointe, ils ont sillonné les rues de la ville afin de s’enquérir de l’avis des Français. On remarque qu’aucune femme ne s’offusque du fait que leur sexe n’aie droit qu’à une journée par an. Cela prouve que la pilule a été dorée avec soin et habileté. Certaines considèrent cela (à juste titre) comme un dû qu’elles méritent dans le cadre de leur lutte éternelle pour l’égalité des sexes. Plus généralement, on remarque que la répartition des tâches dans le ménage est faite avec moins de discrimination. On trouve davantage d’hommes au foyer, disposés à exécuter les tâches ménagères. De ce point de vue-là, certaines femmes reconnaissent qu’elles sont bien tombées. Cela laisserait quand même penser que beaucoup d’hommes ont encore une attitude trop machiste à l’égard de la gestion du ménage. Mais ne nous voilons pas la face, il y a eu un progrès. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’avant un salaire suffisait pour faire vivre un foyer. Or, désormais cela ne suffit plus. A cause premièrement de la diminution du pouvoir d’achat. Et deuxièmement, de cette société de consommation qui nous pousse, à travers la mode et le superflu, de plus en plus à notre perte. C’est pourquoi il nous faut nous battre pour sortir du moule de la société, pour construire un monde neuf et non un éloge à l’argent. Combattez cette uniformisation ! Ne vous laissez pas manipuler ! Révolution ! Partez très loin pour quitter cette civilisation décadente, fondez une communauté Hippie ! Soyez libre et Heureux ! « Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend. ». Je reviens à la gestion des tâches ménagères. Aujourd’hui, deux salaires sont nécessaires pour s’occuper d’un ménage. La femme a donc acquis un statut plus égalitaire vis-à-vis de son mari.

Valentin

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Les grèves, par Valentin

Les grèves, 3 personnes selon la police, 75 000 selon les syndicats.

 

Les grèves, un des événements les plus attendus des lycéens. Mais les raisons en sont-elles louables ? Il est beaucoup reproché aux lycéens de pratiquer le grèvisme opportuniste. Peut être est-ce un travail personnel trop dur ou des horaires à faire pâlir les mineurs de Germinal qui poussent les élèves à chercher le repos. A chaque grève, de nombreux lycéens soutiennent le mouvement du fond de leur lit. Il est loin le temps de manifestations anti-CPE. Les journées dans la rue, un quelque chose de mai 68, les rencontres extraordinaires, les étendards en trophées, les discussions passionnantes, l'occupation du rond point, l'assaut de Privat… C'était un temps lointain que les moins de 16 ans ne peuvent pas connaître. Un temps où la jeunesse croyait encore à son avenir. Un temps où les gens pensaient qu'ils pouvaient changer le cours des choses. Ah, oui j'en entends qui ricanent. Ne niez pas ! L'idéalisme est comme le romantisme : éternel et nécessaire. Que serions nous sans rêve ? Nous avons besoin de ces morceaux de bois et de tissu à agiter pour exister sinon nous en serions réduits à arpenter les bords de plages tous les dimanches matins pour y ramasser les coquillages et en faire des trophées nostalgiques, redonnons le pouvoir à l’individu dans la foule ! (l'individu existant dans la foule). Le CPE avait soulevé tout le monde. Tous derrière la même bannière tous ensemble. Une ambiance anarchique républicaine s'était installée. Aujourd'hui les grèves sont moins nombreuses, moins groupées, moins suivies. C’est pour cela qu’il faut se tenir informé. N'être ni un veau mené à l'abattoir ni un loup opportuniste. Trois membres du Lapsus (que nous ne citerons pas pour ne pas mettre en danger les vies de Pierre, Hector et Valentin, plus on est de fous plus on vit, non mais sans rire !) sont allés à l'assemblée générale du jeudi 8 février. Je vais essayer de retranscrire au mieux ce qui s'y est dit ici. Les professeurs protestent contre la suppression de l'heure de première chaire, les remplacements des professeurs absents, les problèmes de stagiaires, la pression qui leur est mise chaque jour. Toutes ces raisons font qu'une partie du corps professoral proteste. Un problème auquel l'enseignement doit faire face, c'est l'expulsion des jeunes sans papiers. Récemment encore, en région PACA, un jeune Kurde a été renvoyé chez lui. C'est pour cela qu'a été créé le réseau "éducation sans frontières". Afin de permettre à ces enfants sans papiers d'accéder à une scolarité normale, ces gens se mobilisent pour protester contre l'exclusion des enfants ou parents sans papiers.

La manifestation du jeudi 8 février a été annulée : Le sous-préfet a reçu les dirigeants à l'heure de la manifestation. Les 150 personnes qui étaient là sont donc rentrées chez elles.

Tout ça pour dire que c'est le moment de s'activer afin de forger nous-mêmes notre avenir et de ne laisser personne d'autre tenir les pinces. Tenez vous informés, mobilisez-vous,  agissez!

 Valentin

 

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28 mai 2007

Appel à candidature

Bonjour à tous!
    Comme vous l'avez vu dans les commentaires ou tout bêtement par la rumeur, le Lapsus a traversé une grave crise. Un conflit entre nos deux rédacs-chefs a abouti à la démission de l'un d'eux et de quelques journalistes. Ne reste maintenant que les journalistes les plus motivés et fidèles. Cette crise nous aura cependant appris une chose. Le pamphlet écrit par Juliette Picquier (page 1 du Lapsus 3), même s'il nous donne des défauts inexistants ou parfois exagérés, a eu le mérite de nous mettre face à nos erreurs. Si même la rédaction n'est plus unie, pourquoi les lycéens nous suivraient-ils?
    Cependant ce à quoi il faut s'ateler maintenant, c'est regarder devant. Le Lapsus vivra. Un gros travail va être fait au niveau éditorial. Nous avons réussi une chose : faire connaître le Lapsus. Reste à le rendre populaire. Le plus dur est à venir. Et nous avons besoin de vous.
    Que faire contre l'autoritarisme, les réactionnaires? Apporter du sang nouveau. C'est VOUS qui allez changer les choses, c'est VOUS qui nous ferait avancer
    Le Lapsus a besoin de vous
    Le Lapsus n'est pas mort. Vive le Lapsus.

Julien

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